On promet aux dirigeants que l’IA va tout changer. Dans 90 % des boîtes que je vois, elle ne change rien; l’IA est ouverte dans un onglet… et c’est tout.
Le dirigeant s’en sert pour reformuler un mail de temps en temps.
Un consultant lui demande d’écrire un début de présentation, mais passe encore 30 minutes à tout réécrire.
L’équipe teste un outil “IA” pendant 10 jours, sans changer sa façon de travailler, puis retourne à Excel et aux mails.
Dans ces cas-là, l’IA ne sert à rien.
Elle ne touche ni aux clients, ni aux délais, ni au cash.
Elle reste un gadget intellectuel.
Deux exemples concrets :
Dans beaucoup de cabinets de recrutement, l’IA sert surtout à “enjoliver” les annonces. Pendant ce temps, les consultants ressaisissent tout à la main, oublient des relances et passent leurs journées dans les mails.
Résultat : texte plus joli, mais zéro impact réel sur le chiffre ou la charge de travail.
Dans les cabinets de conseil que je vois, l’IA est utilisée pour sortir une première version de slides plus rapidement.
Mais les demandes clients arrivent encore par mails flous, chacun comprend différemment et tout le monde travaille sur une version différente.
Au final, on passe plus de temps à corriger, fusionner et réexpliquer qu’à réellement avancer sur le projet.
Une agence me disait : “On fait nos présentations avec l’IA, ça va plus vite.”
Sauf que les demandes clients arrivent en vrac dans les mails, sans structure.
Donc l’IA va vite, mais sur une base bancale : le temps gagné est reperdu en corrections.
Tant que vos process sont flous, l’IA ne fait qu’accélérer le chaos.
Là où ça devient intéressant, c’est quand l’IA n’est plus un gadget isolé, mais un maillon du système. Quand elle est branchée sur vos outils, vos données, vos workflows réels.
Relances clients qui partent automatiquement, avec des messages adaptés au contexte. Plus de “désolé, j’ai oublié de vous répondre”, ni de devis qui dorment au fond d’une boîte mail.
Comptes-rendus d’appels générés en quelques secondes à partir des notes ou des enregistrements.Toute l’équipe voit la même information, au même endroit, sans repasser deux heures à résumer.
Reporting opérationnel ou financier produit en quelques minutes à partir des données existantes. Plus besoin de courir après les chiffres la veille d’un comité ou d’un board.
Dans ces contextes-là, revenir en arrière devient impensable.
L’IA n’est plus “sympa à tester”. Elle devient un levier pour absorber plus de clients sans recruter en permanence.
Donc oui, l’IA ne sert à rien…
tant qu’elle n’est pas intégrée à une organisation claire, avec des process maîtrisés.
Mais une fois qu’elle est au cœur de vos opérations, elle devient presque vitale pour rester compétitif.

